Free-to-play arnaque ou bon plan ?

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On a coutume de dire que rien est gratuit dans la vie ! Mais cette expression se vérifie-t-elle pour les jeux en ligne Free-to-play ? A première vue, non. Les jeux F2P ont comme principale raison d’être : la gratuité.

Seulement voilà, peut-on croire un instant que des hommes et des femmes développent des jeux vidéo sans le moindre retour financier, juste par passion ou don de soi ? La réponse est encore : NON.

Le free-to-play est en effet loin de la sphère associative. Les entreprises qui exploitent ce secteur on une stratégie bien rodée et très rentable. Les meilleurs jeux en ligne ont souvent rapportés bien plus d’argent que leurs homologues positionnés sur des compartiments commerciaux traditionnels.

L’avantage ultime de ce business modèle c’est qu’il n’est pas concurrencé par le téléchargement illégale. Les éditeurs sont en effet les seuls acteurs de la monétisation, shuntant toute la filière de distribution du jeu vidéo traditionnelle.

Focus sur un business qui grignote tous les ans des parts de marché ou le principe de la frustration est au cœur de ce concept parfois opaque.

Une arnaque vraiment ?

J’entends souvent dire que les jeux en ligne sont une arnaque pour les jeunes joueurs. Ceci est une légende urbaine quand on sait que d’après l’étude annuelle de lESA, la moyenne des joueurs a 31 ans, et que le marché est de 52 pour cent composé d’hommes et 48 pour cent de femmes.

Les détracteurs accusent également les F2P d’être faussement gratuits car ces productions sont souvent peu qualitatives et forcent les joueurs à passer par la case boutique. C’est évident qu’en réalité tous ne se valent pas. Certains se détachent du lot alors que d’autres ne devraient même pas exister. C’est à nous utilisateurs, de faire les bons choix pour ne pas perdre notre temps.

Pour comprendre si les jeux gratuits sont une arnaques, étudions la question de la gratuité et trouvons une réponse équilibrée à cette idée largement rependue sur la toile que les F2P sont pas la panacée.

Les types de F2P

Avant de poursuivre il faut bien comprendre qu’est-ce qui se cache sous l’appellation F2P. Plusieurs types de modèles économiques ont été dévellopés. Chaque éditeur ou créateur indépendant (et il y en a !) choisi ou adapte le profil de rémunération au style de joueur auquel il est confronté. Je me suis amusé à lister les types de free-to-play sous le prisme de la monétisation.

  1. Les jeux totalement gratuits: je vous rassure tout de suite, ils sont très rares. Votre progression est libre et sans contrainte, vos adversaires ne sont pas avantager par rapport à vous même si ils ont mis la main à la poche!
  2. Les F2P de patience: C’est un type très répandu dans la catégorie des jeux d’empire par exemple. Vous pouvez jouer sans débourser le moindre euro mais attention il faudra s’armer de patience! Il est souvent question d’attendre plusieurs heures avant de pouvoir débloquer une nouvelle construction ou développer de nouveaux attributs. Le joueur est tenté de verser un peu d’argent pour accélérer son évolution. Ce modèle semble être très rentable.
  3. Les jeux de répétition:  cette fois-ci l’éditeur compte sur votre lassitude pour empocher de l’argent. Souvent des jeux d’adresse ou de combat, le joueur sera obligé de recommencer plusieurs fois la même action pour débloquer les niveaux supérieurs.
  4. Les jeux de profils: on compte sur votre image à présent. Très utilisé dans les productions pour mobile ou tablette, vous devrez faire la publicité du jeu à vos amis via les réseaux sociaux pour débloquer la suite du scénario. Cette pratique semble anodine, mais elle biaise totalement votre crédibilité d’une part et force le buzz alors que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.
  5. Les jeux pénalisant: cette variante est certainement la plus agressive. Le but est de vous léser face aux autres joueurs qui eux ont acheté des armes ou des pouvoirs dans la boutique du jeu. Par exemple, dans le FPS Battlefield Heroes, vous avez la possibilité au moyen d’une micro-transaction d’acheter une arme surpuissante et de prendre le pas sur vos adversaires.
  6. Les jeux payants: Je l’ai comme même inscrit dans ce billet même si en réalité on s’éloigne du Free-to-play. Le jeu est gratuit au début de la partie, il faudra passer à la caisse pour continuer.

En réalité, la plupart des types présentés ci-dessus sont d’avantage des pay-to-win (paye pour gagner en français) que de véritables Free-To-play. On en est bien là. En générale, payer est la meilleure façon de se divertir. Jouer gratuits est possible mais faudra s’armer de patience ou apprendre à perdre souvent.

C’est rentable pour l’Éditeur ou pour moi ?

Vous aurez remarqué : la rentabilité est la question qui domine les débats à ce sujet. À savoir, qui est gagnant ? Les éditeurs ou les utilisateurs ? Je dirais les deux mon général !

Reprenons.

Le concept du Free-to-play demande une exigence en matière de réalisation pour espérer devenir un hit incontournable. Les éditeurs qui réussiront conjointement à fournir un produit de qualité et une campagne de communication optimale récolteront les fruits de leur labeur. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le revenu des freetoplay ou plutôt des jeux à micro-transactions est généré par un nombre très faible de joueurs payants. L’écrasante majorité des joueurs ne mettent jamais la main au porte-monnaie.

C’est bien là que je trouve le système vertueux. Les éditeurs sont quasi-obligés de faire preuve de créativité et d’innovation si ils veulent réussir le coup de force de faire payer les utilisateurs. Il est convenu qu’une production pauvre en contenu ou de faible qualité sera vite mis de côté et perdra toute chance de devenir rentable à terme.

Conclusion

SuperData tend à indiquer dans un communiquer récent que les free-to-play n’en restent pas moins la solution la moins onéreuse avec en moyenne que 4.51 dollars dépensé par joueur et par an.

Je pense en toute honnêteté que le F2P est un bon moyen de se divertir à moindre frais. Toutefois, il est illusoire de penser que vous pourrez jouer gratuitement à des jeux de qualité. Quand un jeu plaît et que le joueur décide vraiment de s’y investir, il n’hésitera pas à participer financièrement. Du coup, les éditeurs et développeur doivent mettre les bouchés doubles pour nous fournir du top du top !

A propos de l'auteur: Julien est le fondateur du projet Meilleurjeuenligne.fr. Il propose des articles libres qui traitent du jeu en ligne et du F2P.
Retrouvez moi sur Twitter: Jus_2_lien et sur Google+: Julien Carré.

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